
Une maison est dite « passive » lorsqu’elle est pratiquement autonome pour ses besoins en chauffage. Pour parvenir à cette autonomie, il convient de combiner une excellente isolation et une bonne utilisation du soleil.
Quels avantages ?
Le premier avantage est bien-sûr économique : la très faible consommation énergétique de la maison passive permet de réaliser des économies sur le long terme, une fois le surcoût de construction amorti. En effet, alors qu’une maison classique neuve consomme 110kWh par mètre carré et par an, une maison passive est limitée à 15kWh/m²/an. Par ailleurs, la maison passive offre plus de confort à ses habitants. La chaleur est mieux conservée, la qualité de l’air est meilleure, et il y a moins de problèmes d’humidité que dans les maisons de construction traditionnelle… Tout cela sous réserve d’une construction adéquate.
L’importance de l’isolation thermique
Tout commence avec une importante isolation thermique. Alors que dans une maison traditionnelle, l’isolation est d’environ huit cm d’épaisseur, il n’est pas rare qu’elle atteigne 40 cm dans les maisons passives. Le plus souvent, l’isolant est placé à l’extérieur, recouvrant ainsi la totalité de la maison en évitant les ponts thermiques, des sols jusqu’au toit. Il arrive également que ce soit le matériau du mur lui-même qui soit isolant, comme pour les maisons à ossature bois. Avec une bonne isolation, le chauffage conventionnel n’est plus nécessaire. Des sources de chaleur qui passent inaperçues dans les maisons traditionnelles participent au chauffage naturel : la chaleur humaine, les appareils électroménagers ou encore l’éclairage. Une bonne étanchéité à l’air évitera également les problèmes d’humidité, à condition qu’un système efficace de ventilation soit installé.
Une bonne ventilation
La ventilation assure une parfaite qualité de l’air à l’intérieur de la maison, et ce indépendamment des conditions climatiques. Il convient d’installer une ventilation mécanique contrôlée (VMC) à double flux, qui insufflera de l’air frais dans les espaces de vie et extraira l’air vicié des espaces utilitaires comme les toilettes ou la cuisine. Grâce à un échangeur de chaleur, l’air frais est préchauffé par la chaleur de l’air vicié récupéré, sans que les deux flux se mélangent. Pour que ce système soit efficace, il faut laisser les portes et les fenêtres fermées : si une fenêtre est ouverte trop longtemps, la chaleur récupérable ne le sera plus. Par ailleurs, il faut également veiller à entretenir les filtres régulièrement pour ne pas diffuser de l’air plus vicié que celui d’origine. Une panne générale du système dans une maison étanche verra le développement fulgurant de moisissures, humidité et acariens. L’installation et l’entretien d’une telle ventilation sont donc coûteux en énergie (350kWh/an), et en moyens.
Ne pas négliger les ouvertures
Les ouvertures sont le maillon faible de la paroi extérieure d’un point de vue énergétique : c’est à travers elles que se perd une grande partie de la chaleur. Pourtant, ce sont aussi elles qui laissent pénétrer le soleil dans la maison. Dans une maison passive, on utilisera un triple vitrage avec des volets hermétiques à fermer dès la nuit tombée pour éviter les déperditions de chaleur. Le point faible n’est donc plus la surface vitrée mais le châssis de la fenêtre : mieux vaut donc opter pour de grandes baies vitrées qu’une multitude de petites fenêtres. De plus, les fenêtres de grande taille laisseront pénétrer davantage de soleil, et donc de chaleur et de lumière naturelle. L’orientation est primordiale : il convient de placer un maximum de fenêtres au sud, et le moins possible au nord et à l’ouest pour éviter les pertes d’énergie en hiver.
Clémence Artur © Allomaison